3. Du breton au gallo

 
 
À cheval sur les frontières linguistiques, le département est traversé par une ligne de démarcation culturelle invisible, mais audible : breton d’un côté, gallo de l’autre.
Plus d’un habitant sur deux considère que le département possède une langue, un accent ou des expressions particulières :

« Je ne suis pas gallo d’origine mais ma belle famille, oui. Et j’entends bien toutes ces expressions très imagées qui m’amusent beaucoup. Mais je ne les retiens pas ». Denis Pépin.

La conscience d’appartenance historique au pays gallo contribue à différencier l’Ille-et-Vilaine dans l’espace breton.

Elle lui confère une identité linguistique et touristique. Partagé avec d’autres départements voisins, mais globalement ignoré du reste du pays, le parler de Haute-Bretagne a perdu son caractère « complexant » d’autrefois lorsqu’on reprochait aux habitants « de mal parler ».
En déclin notable, parlé par 28 000 locuteurs seulement, le gallo se maintient essentiellement en milieu rural et chez les anciens, mémoire orale du parler gallo. Mais de nombreuses associations militent pour maintenir cette langue, associée à un riche patrimoine oral et culturel (contes, chansons, danses…).

« Le renouveau du conte a commencé fin 19e. Il est une réponse à une recherche d’identité, à la nécessité de personnaliser son avoir culturel. Les collecteurs d’après-guerre sont issus du mouvement culturel breton ». Simone Morand et Albert Poulain.

Si sa pratique est dix fois moins importante que dans le Finistère, le breton n’a pas non plus disparu d’Ille-et-Vilaine. Sa présence persistante chez les plus de 60 ans s’accompagne aujourd’hui d’un regain d’intérêt chez les plus jeunes, en lien avec le sentiment de « retour de la Bretagne ».
 


 
 
Dernière mise à jour lundi 22 juin 2009