L’absence de gentilé - de qualificatif - pour désigner les habitants d’Ille-et-Vilaine souligne leur appartenance symbolique à une entité supérieure, la Bretagne.
Symbole de cette intégration identitaire, un habitant sur deux pense que l’Ille-et-Vilaine ne possède pas de différences significatives avec les autres départements de la Région.
« On est les moins bretons des Bretons, plutôt une porte d’entrée de la Bretagne. Dire qu’on est breton, c’est une porte d’entrée dans l’échange avec l’autre ».
Yvonne Preteseille.Toutefois, si les habitants d’Ille-et-Vilaine se sentent d’abord bretons (84 %), ils sont aussi très attachés à leur département (81 %).
Ce fort sentiment d’ancrage local se manifeste par un désir marqué de rester au pays ou d’y revenir pour ceux qui se sont éloignés. La relation affective au terroir est forte.
L’esprit de clocher, aussi :
"Ni breton, ni français, malouin suis !"- devise de Saint-Malo.Pour les nouveaux habitants, le sentiment d’appartenance bretonne s’estompe au profit de l’appartenance départementale. Avec le développement des échanges, c’est le rattachement au grand Ouest qui prévaut.
A contrario, les rapports avec les autres départements, réputés «plus bretons », sont parfois ambivalents. Source de fierté, le fait d’appartenir à une autre Bretagne nourrit aussi le complexe d’infériorité des habitants d’Ille-et-Vilaine.
« Je crois que les habitants d’Ille-et-Vilaine ne parlent pas de leur département de manière forcément valorisante, parce qu’on leur répète sans cesse qu’ils ne sont pas tout à fait bretons, pas complètement ceci, pas complètement cela ». François Richou.