L’identité d’un territoire, c’est ce qui peut rassembler et relier
les individus entre eux. C'est "l’ensemble des traits culturels ou
codes propres à un groupe, qui donne le sentiment d’appartenance des
individus à un même groupe" (Joël Gayet).
1. Rassembler les habitants autour d'une culture commune
Cette culture commune, surtout en ces temps de difficultés économiques et sociales, il est utile de la rappeler : ce sont des racines (de naissance ou d’adoption) qui rendent plus fort et fier de son lieu de vie. Partager une vision du territoire avec les habitants, c’est aussi les mettre en situation d’être de véritables acteurs du tourisme et de l’économie de l’Ille-et-Vilaine. Les habitants sont en effet des touristes potentiels pour le département, les premiers "hébergeurs" de touristes, les premiers prescripteurs de la destination, les premiers promoteurs du territoire…
Mieux comprendre la personnalité de l'Ille-et-Vilaine, connaître
ses atouts et ses points faibles, ses particularités, permet de mieux positionner le département dans la concurrence économique et touristique que les
territoires se livrent entre eux, en Europe et au-delà.
C’est ainsi que pour capter des projets et se positionner en territoire
d’accueil, l’Ille-et-Vilaine doit donc nécessairement s’appuyer sur ses
spécificités ainsi que sur des éléments différenciants par rapport à
ses concurrents.
Face
à une compétition internationale de plus en plus marquée par
l'attraction de projets d'investissement internationalement mobiles,
les départements doivent définir des "stratégies marketing" destinées
à accroître leur "part de marché" face aux territoires concurrents. Ce
processus mobilise des outils qui ont des points communs importants
avec le marketing d'entreprise, mais également des spécificités fortes
liées à la nature du "produit" offert (une offre territoriale complexe)
et du client (une entreprise à la recherche d'un lieu de localisation
optimal). En effet, si l’accessibilité du territoire, la proximité des
marchés, la qualité des infrastructures et de la main d’oeuvre sont les
premiers critères que recherchera un chef d’entreprise pour une
implantation, ils ne sont pas les seuls : la personnalité d’un
territoire, la qualité de vie qu’il offre à ses habitants, comme la
force et la cohérence de l’image qu’il renvoie peuvent devenir des
atouts maîtres pour son attractivité.
3. Différencier le territoire dans un monde touristique en pleine mutation
Pour que l’activité touristique d’un territoire ne soit pas sujette
à délocalisation, elle ne doit donc pas être interchangeable, mais
unique, à nulle autre pareille.
Les territoires se trouvent aujourd’hui dans une situation "d’hyperconcurrence" due entre autres à l’explosion des compagnies low cost, à celle des séjours tout compris vers des destinations ensoleillées ou au développement de l’offre dans les pays émergents.
Par ailleurs, les comportements touristiques ont eux aussi considérablement évolué : avènement du tourisme des seniors, développement des courts séjours au détriment des longs, réservations de plus en plus tardives, généralisation d’Internet… Avec la crise économique et les craintes des ménages pour leur pouvoir d’achat, la concurrence devrait être encore plus exacerbée.
Or, contrairement à une idée couramment admise, le tourisme est une activité tout à fait délocalisable : on recherche naturellement la proposition qui allie le plus d’atouts (le plus de soleil, le plus de plages, les meilleurs hébergements…) et le meilleur prix. Ceci, si l’on compare des offres interchangeables.
4. Une promotion des territoires qui doit se réinventer
C’est pourquoi chaque territoire doit se distinguer suffisamment
pour exister et imposer sa voix dans un espace de plus en plus vaste et
de plus en plus encombré par la "surcommunication". Et pour être
entendue, cette voix doit se distinguer par son timbre et sa tessiture
: sa personnalité, ses valeurs, son projet, etc.
D’où l’intérêt de
recenser les signes caractéristiques du territoire, d’aller «creuser»
dans son inconscient collectif et d’explorer son imaginaire pour en
retirer sa substance, celle qui fonde sa personnalité et le distingue
radicalement de ses concurrents : les autres régions françaises ou européennes, mais aussi, d’une certaine façon, les autres départements bretons.
5. Enrichir le contenu de la marque "Haute-Bretagne Ille-et-Vilaine"
S’agissant de la promotion de notre territoire dans le domaine du
tourisme, l’audit identitaire complète l’important travail mené par le
Comité du tourisme autour de la marque "Haute-Bretagne Ille-et-Vilaine", créée en 2001.
Cette marque a en effet permis d’amorcer la
reconnaissance de l’Ille-et-Vilaine - à l’extérieur - comme un
département breton à part entière et de faire progresser sa notoriété
comme destination touristique. L’un des problèmes de l’Ille-et-Vilaine
est que certains de ses sites très connus (Rennes, Saint-Malo, la Baie
du Mont Saint-Michel, Brocéliande…) ne sont pas spontanément associés
au département.
L’un des objectifs opérationnels de l’audit est de
donner davantage de contenu à la marque "Haute-Bretagne
Ille-et-Vilaine", de décrypter son "ADN". Ce contenu profitera à la
fois à chacun des sites et à la notoriété et au territoire dans sa
globalité.