En termes d’identité, l’Ille-et-Vilaine se démarque sur certains points spécifiques de la Bretagne :
• C’est une Bretagne "gallo" qui se sent parfois encore un peu différente, voire complexée par rapport au reste de la Bretagne : " Il y a aujourd’hui un très fort attachement à la Bretagne mais nous, en Ille-et-Vilaine, on est breton par nécessité, pas par vocation [….] et n’oublions pas qu’on nous a longtemps contesté notre appartenance à l’identité bretonne [….] et puis, il a fallu attendre 2004 pour que le Conseil Régional de Bretagne fasse du gallo une des deux langues de la Bretagne"
• C’est une Bretagne de portes,
de marches et de marges, "plutôt une porte d’entrée de la Bretagne que la Bretagne elle-même".
L’histoire a fait jouer à l’Ille-et-Vilaine le rôle ambigu de vigie de la civilisation gallo-franque face aux Celtes, puis du Royaume de France sur la Bretagne.
Elle a affaibli la "légitimité bretonne" du département en stigmatisant une certaine méfiance de la part des autres départements de la région. Paradoxalement, Rennes et le Parlement de Bretagne symbolisent peut être encore aux yeux des autres départements bretons cette «Bretagne politique » jadis « lieu symbolique des conflits » :
« pour beaucoup des Bretons occidentaux, à Rennes, nous sommes la ville française pour surveiller la Bretagne. C’était le rôle du Parlement." Pierre-Yves Heurtin.
• L’Ille-et-Vilaine est une Bretagne duale, très différente, moins homogène et cohérente que la Bretagne au caractère "noir et blanc"
• Le département reste aussi la Bretagne de Rennes, de Saint-Malo et de la Baie du Mont, qui possèdent leurs propres identités, quelquefois mondialement connues
• Enfin c’est une Bretagne jeune et étudiante ; une Bretagne intellectuelle, très marquée par sa dimension universitaire.
Les habitants de l’Ille-et-Vilaine se considèrent d’abord comme bretons (à 84 %) et très attachés à la Bretagne (à 91 %). Cependant, ils se sentent aussi appartenir à l’Ille-et-Vilaine à 87 % (dont 51 % beaucoup) et se déclarent attachés au département à 81 % (dont 27 % beaucoup), confirmant le caractère singulier de ce territoire.